Le gouvernement d'Hugo Chavez accentue sa pression sur les médias

Por Venezuela Real - 12 de Abril, 2007, 18:41, Categoría: Prensa Internacional

Marie Delcas
Le Monde
12 Avril, 2007

Une chaîne de télévision qui disparaît de l'antenne, un quotidien condamné à payer 50 000 dollars d'amende (près de 38 000 euros) pour avoir manqué de respect à la fille du président de la République, un journal soupçonné de conspiration pour avoir dévoilé une grosse affaire de corruption : les relations entre le gouvernement vénézuélien et les médias restent tendues.

La liberté de la presse est-elle menacée par la "révolution bolivarienne" ? Les avis sont partagés. A l'écran, sur les ondes et dans les pages des grands quotidiens, les critiques restent virulentes. Analystes et éditorialistes dénoncent sans relâche les failles et les abus du régime d'Hugo Chavez. "Mettre Cuba et le Venezuela dans le même sac relève d'une évidente mauvaise foi", note un diplomate latino-américain.

Toutefois, en décidant de ne pas renouveler la concession octroyée il y a vingt ans à la chaîne de télévision RCTV, le gouvernement Chavez donne raison à ses détracteurs. La télévision la plus férocement antigouvernementale cessera d'émettre à partir du 27 mai. Le ministre pour les communications et l'information, William Lara, s'en justifie : "Il aurait été inconstitutionnel de renouveler la concession", nous a-t-il expliqué. Le ministre invoque aussi la "fraude fiscale" et les "violations systématiques des normes concernant les horaires de programmation" dont se serait rendue coupable la chaîne.

"Politiquement, un ministre ne pouvait pas signer le décret de renouvellement de concession pour une chaîne qui a ouvertement appuyé la tentative de coup d'Etat de 2002", souligne un haut fonctionnaire. Le gouvernement multiplie spots et affiches pour convaincre les citoyens que "RCTV est une télévision putschiste". Les sondages indiquent que l'immense majorité des Vénézuéliens s'oppose à la disparition de RCTV, dont les feuilletons télévisés sont appréciés du grand public. M. Lara affirme que, dès le 28 mai, une nouvelle télévision publique proposera émissions de variétés et feuilletons de qualité.

Ewald Scharfenberg, directeur d'une petite association, l'Institut presse et société, s'inquiète de cette emprise croissante de l'Etat, qui dispose déjà de trois chaînes de télévision. "La télévision privée Globovision, également très critique, n'émet pas sur tout le territoire national et les deux autres grandes chaînes privées, Televen et Venevision, ont choisi de baisser le ton contre le gouvernement", dit-il. En rappelant que la compagnie pétrolière publique, Petroleos de Venezuela (PDVSA), est le plus gros annonceur du pays, il évoque les "mécanismes subtils et non violents" dont peut user l'Etat pour restreindre la liberté d'expression.

C'est également l'avis de Teodoro Petkoff, directeur du quotidien Tal Cual. Pour avoir publié une lettre ouverte ironique à Rosines, la fille de 9 ans de M. Chavez, le journal a été condamné par une juge des enfants à payer une extravagante amende de 50 000 dollars. Les partisans du gouvernement Chavez invoquent la séparation des pouvoirs. "Mais le président de la République ne s'est jamais démarqué de la juge", fait remarquer Andres Canizales, représentant de Reporters sans frontières (RSF) au Venezuela.

LETTRE MENAÇANTE

Directeur d'Ultimas Noticias, le quotidien au plus gros tirage du pays, proche du gouvernement, Eleazar Diaz Rangel est indigné et l'a fait savoir dans son éditorial du 24 mars. Pour avoir rendu publique une affaire de corruption, il a reçu une lettre menaçante du ministre de l'économie populaire. "Nous sommes inquiets que (vos) articles puissent faire partie d'une conspiration nationale ou internationale, un délit au titre de l'article 144 du code pénal", lui a écrit le ministre.

Ultimas Noticias avait dévoilé des irrégularités concernant quatre contrats passés entre le gouvernement vénézuélien et des entreprises locales pour la mise en oeuvre d'un accord de coopération avec l'Iran. "La lettre, la première du genre depuis que Hugo Chavez est au pouvoir, ne reflète pas une politique du gouvernement", écrit Eleazar Diaz Rangel. Encore convaincu que la liberté de la presse est totale au Venezuela, il défie "quiconque affirme le contraire de produire une seule information qui n'ait pas été publiée du fait de pressions du gouvernement".








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