Hugo Chavez fragilisé par les protestations contre la fermeture d'une chaîne d'opposition

Por Venezuela Real - 25 de Mayo, 2007, 22:31, Categoría: Prensa Internacional

Paulo A. Paranagua
Le Monde - France
25 Mai, 2007

Au siège de Radio Caracas Television (RCTV), l'ambiance était morose, jeudi 24 mai. La veille, la Cour suprême avait rejeté le recours suspensif interposé par la direction de la principale chaîne du Venezuela contre la décision du gouvernement qui la prive d'antenne après le dimanche 27mai. Le non-renouvellement de la concession de RCTV, créée il y a cinquante-trois ans, a été perçu par l'opposition comme une atteinte à la liberté d'expression. A en croire les sondages, 80% des Vénézuéliens, et donc une bonne partie des sympathisants du président Hugo Chavez eux-mêmes, seraient défavorables à la fermeture de RCTV.


Dans les studios de RCTV, Soraya Castellano porte un brassard de "brigadiste". Directrice de l'information, elle se doit de donner l'exemple et de participer aux brigades de premiers secours mises en place en vue d'éventuelles agressions contre le personnel ou le siège de la chaîne privée. L'arrêt de la Cour suprême n'entame pas sa détermination : "Lundi, nous viendrons tous travailler comme d'habitude, même si nous n'avons pas de moyen de diffusion alternatif", assure-t-elle.

Les journalistes, les artistes et les 2500 employés de la chaîne ont mobilisé l'opinion. Dans la rue, les protestataires l'ont largement emporté sur les partisans de M. Chavez. Samedi 19 mai, ils étaient plusieurs dizaines de milliers à défiler dans les avenues de Caracas. Le lendemain, dimanche, ceux qui célébraient la disparition de la chaîne ont dû se contenter d'un convoi de voitures et de motos. Lundi, les journalistes vénézuéliens ont déployé une banderole d'un kilomètre, avec le leitmotiv "SOS liberté d'expression" écrit en dix langues différentes et sont allés à la représentation de l'Union européenne et à celle de l'Organisation des Etats américains (OEA). Des milliers de manifestants se sont joints à leur cortège. Mercredi, la réplique des étudiants "chavistes" mobilisait à peine quelques centaines de personnes en rangs clairsemés.
 
LA MANNE PUBLICITAIRE

Cette décision aussi personnelle qu'impopulaire de M. Chavez a suscité des remous parmi ses partisans. Ainsi, Eleazar Diaz Rangel, directeur du quotidien Ultimas Noticias, aurait préféré "des sanctions graduelles, décidées par les tribunaux, plutôt qu'une mesure extrême". Le gouvernement a été pris de court par l'annonce de la fin de la concession de RCTV lors d'un discours de M. Chavez, en décembre 2006. Fort de sa réélection avec près de 63% des voix, il a voulu accélérer sa "révolution bolivarienne" et régler ses comptes avec les médias qui lui sont hostiles. Mais aucune notification officielle n'a suivi et les recours de RCTV n'ont guère eu de réponse pendant plusieurs mois.

Le gouvernement a d'abord tenté de minimiser l'importance de la décision, réduite à une mesure purement administrative. Devant le tollé suscité aussi bien au Venezuela qu'à l'étranger, il a finalement préparé une riposte et publié un "Livre blanc sur RCTV", qui mélange arguments juridiques et politiques. RCTV a "stimulé la guerre civile et le coup d'Etat", affirme le livre, en référence au putsch raté contre M. Chavez en 2002, mais "il ne s'agit pas de vindicte politique".

Une chaîne d'Etat a été improvisée pour occuper la fréquence libérée par la disparition de RCTV. A la tête de cette nouvelle Télévision vénézuélienne sociale (TVES), le gouvernement a nommé une spécialiste de musique caribéenne, Lil Rodriguez, entourée de fonctionnaires. Dans l'immédiat, le signal de TVES ne sera reçu qu'à Caracas et à Maracaibo.

"A la suite de l'échec du putsch d'avril 2002 et de la controverse sur le rôle joué par les médias, nous avions présenté un projet de télévision de service public", explique Oscar Lucien, ancien directeur de l'Institut de recherches sur la communication (Ininco) à l'université centrale du Venezuela. "Je maintiens mes critiques contre la télévision commerciale vénézuélienne, mais ce que le gouvernement vient d'annoncer est n'importe quoi sauf un service public", ajoute-t-il.

Certains observateurs n'excluent pas des enjeux économiques. En effet, la manne publicitaire détenue jusqu'à présent par RCTV, leader en termes d'audience, pourrait bénéficier à d'autres secteurs plus accommodants à l'égard du gouvernement.

Le président vénézuélien semble avoir sous-estimé la crise que la sanction contre RCTV provoquerait, au point de paralyser la réforme constitutionnelle et la négociation avec les compagnies pétrolières étrangères, ses priorités. Pour l'analyste Carlos Blanco, il en sortira fragilisé. "Si Chavez ferme RCTV, il est perdant; s'il recule maintenant, il perd aussi", affirme-t-il.
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