Chavez bâillonne la télé d'opposition

Por Venezuela Real - 26 de Mayo, 2007, 18:01, Categoría: Prensa Internacional

FIGARO - France
26 mai, 2007

Le président Hugo Chavez s'est moqué, avant-hier, des motions adoptées par le Parlement européen et par le Sénat américain condamnant sa décision de ne pas renouveler la concession du principal canal de télévision vénézuélien, RCTV, qui doit disparaître des ondes demain. Six mois après sa triomphale réélection, Chavez veut accélérer la conversion du Venezuela au « socialisme du XXIe siècle », provoquant une concentration croissante du pouvoir entre ses mains.
 
Depuis qu'il a rencontré Graciela, David n'est plus le même. Le beau garçon aux cheveux gominés veut en finir avec sa réputation de don Juan pour se dédier corps et âme à sa belle. Mais il apprend que Graciela est gravement malade. Leur amour suffira-t-il à la sauver ? Les téléspectateurs vénézuéliens ne le sauront jamais. Comme toutes les émissions du canal RCTV, la télénovela « Mi Prima Ciela », qui fait fureur depuis des mois, sera interrompue demain. En décembre, le président Hugo Chavez, vêtu de son uniforme vert olive et de son béret rouge de parachutiste, a annoncé qu'il ne renouvellerait pas la concession de la plus ancienne chaîne de télévision du pays. Si dans les médias et dans les quartiers aisés de Caracas la nouvelle a provoqué des protestations indignées sur le thème de la liberté d'expression, les habitants des « barrios », les zones déshéritées qui rassemblent 60 % de la population, se plaignent surtout de la disparition des émissions de divertissement, inexistantes sur le réseau public. Les patrons de RCTV l'ont bien compris : à chaque coupure publicitaire, une femme au foyer apparaît à l'écran en demandant à Hugo Chavez « de laisser (sa) télénovela en paix ». Réunis dans l'amphithéâtre orange de l'université centrale de Caracas (UVC), à la sortie d'un débat sur le « socialisme du XXIe siècle » promu par le régime, une poignée de professeurs discute des conséquences de la disparition de RCTV, sans parvenir à une opinion tranchée. Car, sur le plan légal, le gouvernement est dans son droit. Il ne s'agit pas de la fermeture d'un canal mais du non-renouvellement d'une concession. « C'est une décision souveraine, l'espace télévisuel est public, pas privé, et faire de RCTV le représentant de la démocratie est une blague », insiste le sociologue Luis Lander.
 
Pendant des années, la chaîne a ouvertement conspiré contre le président en place en relayant les appels à renverser le régime. Lors du coup d'État du 11 avril 2002, le canal annonçait qu'Hugo Chavez avait démissionné et accepté que le dirigeant du patronat local, Pedro Carmona, assure l'intérim à la tête de l'État. En réalité, le président était maintenu au secret dans une île au large du Venezuela par des militaires putschistes. La stratégie n'a pas fonctionné : les dizaines de radios communautaires des « barrios » ont convoqué le peuple dans la rue pour protester. Moins de quarante-huit heures plus tard, les militaires putchistes capitulaient et Hugo Chavez revenait au palais présidentiel de Miraflores. Jamais il n'a pardonné. « Le discours des patrons de RCTV est hypocrite : ils ont agi en tant qu'acteur politique contre le régime et aujourd'hui ils cherchent la protection internationale au nom de la liberté d'expression », estime Antonio Gonzalez, un jeune professeur de la UCV. « Ils ne méritent pas d'administrer une chaîne, mais il faut à tout prix qu'on maintienne la pluralité dans les médias », ajoute-t-il.
 
Or, le Venezuela pourrait basculer d'un extrême à un autre. Pendant des années, le secteur privé, contrôlé par l'opposition, a dominé le paysage de la presse écrite et télévisuelle, avec cinq chaînes - Venevisión, RCTV, Globovisión, Televen and CMT - et neuf des dix principaux quotidiens. À chaque offensive pour déloger Hugo Chavez, les médias ont perdu de la crédibilité, alors que le chef de la révolution bolivarienne en profitait pour concentrer les pouvoirs.
 
Le coup d'État avorté d'avril 2002 et la grève du patronat de la fin de cette même année lui ont permis de prendre le contrôle de l'armée et de l'entreprise pétrolière nationale PDVSA. En emportant le référendum révocatoire organisé à son encontre en 2004 et les élections législatives de 2005, Hugo Chavez a installé ses hommes dans toutes les institutions. En jouant les pauvres contre les riches face à une élite aveugle des réalités du pays, le président a pris le contrôle du pouvoir judiciaire, électoral, législatif et d'une grande partie de l'économie du pays. « Avec la puissance financière de l'État et de grandes compagnies comme PDVSA, le gouvernement est de très loin le premier annonceur dans la presse », rappelle Andres Canizales, directeur de l'institut Presse et Société, à Caracas. Conséquence, toutes les télévisions, hormis RCTV, ont baissé le ton, préférant faire de bonnes affaires avec le pouvoir. « Avec la disparition de RCTV, la critique va disparaître de la télévision, on ne va plus voir que Hugo Chavez fait des discours, sans même connaître les divisions au sein de son propre camp », dit Andres Canizales.
 
La création du Parti socialiste unifié vénézuélien (PSUV),  il y a deux mois, symbolise l'intolérance ambiante. Tous les partisans de Chavez sont sommés d'y adhérer, sous peine d'être considérés comme traîtres ou dissidents. « Hugo Chavez a parfaitement compris l'importance des médias. C'est avec l'armée et le pétrole, son outil principal pour diffuser la révolution bolivarienne, analyse le politologue Alberto Garrido. Il va donc en prendre le contrôle, mais de manière progressive, avec des arguments technicojuridiques, comme dans le cas de RCTV. » En attendant, le président a convoqué dans l'urgence des professionnels du feuilleton à l'eau-de-rose pour proposer le plus vite possible un programme remplaçant l'écran noir de RCTV. Même chavistes, les familles des «barrios» ne lui pardonneraient pas de les laisser sans télénovelas.





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