Saisir la main tendue de Cuba

Por Venezuela Real - 28 de Julio, 2007, 20:59, Categoría: Prensa Internacional

Luc de Barochez
Le Figaro  - France
28 juillet 2007

À Cuba, l'interrègne s'installe dans la durée. Raul Castro entame ce week-end sa deuxième année à la tête de l'État. La transition est en marche mais la dictature castriste est toujours là. C'est un revers de plus pour la politique cubaine des États-Unis, fondée (depuis près d'un demi-siècle !) sur l'espoir d'un renversement prochain du régime de La Havane.
 
Appuyé sur la nomenklatura militaire, Raul Castro gère un pays en faillite. Sa stratégie se dessine : conduire d'un côté des changements « à la chinoise » pour libéraliser la production ; maintenir de l'autre un contrôle absolu du Parti communiste sur la vie politique. Jeudi 26 juillet, à l'occasion de la fête nationale, le numéro un par intérim a prononcé ce qui s'apparente à un discours de politique générale. Il a critiqué les obstacles bureaucratiques au développement. Il a entrouvert la porte aux investissements étrangers. Il a, surtout, tendu la main aux États-Unis. Il leur a proposé, après le départ de l'Administration Bush, un dialogue dont il espère la levée de l'embargo économique imposé, il y a quarante-cinq ans, par John F. Kennedy.

L'ouverture engagée par Raul Castro est timide et toute relative. Les libertés publiques sont inexistantes dans l'île communiste. Quelque 300 prisonniers d'opinion croupissent dans ses prisons. Des élections libres restent un rêve, un « songe de noctambule », selon l'expression du président intérimaire. Raul Castro se pose en réformateur pour se forger une légitimité mais il ne veut en aucun cas mettre en cause le pouvoir familial, d'autant que, de son lit d'hôpital, le grand frère Fidel le surveille sans doute étroitement.
 
Ces limites ne peuvent justifier la morgue de Washington, qui a répondu par une fin de non-recevoir aux propositions de dialogue formulées par Cuba. Dans le golfe de Floride, la guerre froide reste d'actualité. Enfermée dans une logique idéaliste du tout ou rien, coincée par des considérations de politique intérieure, l'Administration Bush s'accroche à une stratégie de « changement de régime » qui n'a pas plus réussi à Cuba qu'en Irak. L'Union européenne, de son côté, a bien tort de se désintéresser de l'île castriste. C'est en vain que l'Espagne, ancienne puissance coloniale à Cuba, plaide pour un rôle plus actif du Vieux Continent.
 
Le vrai changement ne pourra venir que d'un peu de réalisme de la part de Washington. La renégociation prochaine du bail de l'enclave américaine de Guantanamo pourrait en fournir l'occasion. Dans le camp démocrate, le candidat Barack Obama a fait savoir qu'il ne craignait pas un dialogue avec Castro. L'enjeu dépasse le sort de Cuba pour embrasser celui de toute l'Amérique latine. C'est l'oxygène du pétrole vénézuélien fourni à conditions avantageuses par Hugo Chavez qui permet au régime castriste de survivre. L'axe Venezuela-Cuba se pose en alternative socialiste et « bolivarienne » à la zone de libre-échange du Grand Nord à la Terre de Feu, proposée par Washington. S'ils veulent faciliter une authentique transition démocratique à Cuba, les États-Unis doivent parler aux dirigeants de l'île.
 







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