Hugo Chavez, le 2 décembre et la tentation du coup d’État

Por Venezuela Real - 21 de Noviembre, 2007, 17:48, Categoría: Prensa Internacional

Adolfo R. Taylhardat*
Le Figaro - France
21 Novembre, 2007


L’histoire ne se répète pas, mais, occasionnellement, des coïncidences se présentent qui sont étonnantes. Le 30 octobre 1836, Louis Napoléon menait une tentative de coup d’État mal conçue et exécutée encore plus mal. Paradoxalement, cet échec lui permit d’acquérir une notoriété politique et, le 10 décembre 1848, il fut élu de manière démocratique président de la France. Le 2 décembre 1851, il organisa une autre tentative de coup d’État, réussie celle-ci. Ce qui lui permit de modifier la Constitution française, de proclamer empereur le 2 décembre 1852 et de rester au pouvoir pendant plus de dix-neuf ans.

Le 4 février 1992 le lieutenant-colonel de l’armée Hugo Chavez, dirigeait un coup d’État sanglant contre la démocratie vénézuélienne. De même que Louis Napoléon, il se fracassa à cette occasion. Cependant, cette tentative et sa déclaration selon laquelle, l’insurrection avait «pour l’instant» échoué, lui donna une notoriété et une popularité politique et le 6 décembre 1998, il fut aussi élu de manière démocratique, président du Venezuela.

Aujourd’hui, Chavez prépare un nouveau coup d’État. Il devrait avoir lieu le 2 décembre prochain. Sa proposition de réformer la Constitution ne peut pas être qualifiée autrement.


C’est un coup d’État parce que le président Chavez, tout en utilisant de manière frauduleuse les mécanismes et procédures constitutionnels, prétend se perpétuer au pouvoir afin de transformer le Venezuela en un État socialiste et instaurer un système de gouvernement, une organisation politique territoriale et une idéologie totalement contraire à l’idiosyncrasie du peuple vénézuélien.

Pire encore, il s’agit d’un coup d’État lorsque la volonté d’un secteur considérable de la société fait l’objet d’une grossière manipulation. Le peuple vénézuélien n’a pas eu le temps de s’informer, le temps de mesurer l’impact et les conséquences qu’auront pour le pays les changements qui veulent être imposés à la nation.

Les changements que prétend introduire Hugo Chavez à la Constitution vénézuélienne équivalent à imposer une nouvelle Constitution. Parmi d’autres abus, le droit à la propriété privée sera confisqué, le droit à l’initiative personnelle sera supprimé, la liberté de conscience sera anéantie par l’imposition de l’idéologie socialiste. Le système d’économie mixte sera remplacé par un systeme d’économie de planification centralisée, la Banque centrale perdra son autonomie et le président pourra disposer des réserves en devises pour intensifier sa politique pétro-impérialiste dans le monde. Le droit à la propriété intellectuelle sera aboli, ouvrant la voie à la piraterie sans contrôle. les forces armées seront politisées et mises au service exclusif du régime pour éperonner la croissante militarisation de l’administration publique.

Le droit souverain du peuple à la participation aux décisions fondamentales du pays se verra considérablement limité par la concentration des pouvoirs dans les mains du président.

Si le 2 décembre prochain, Hugo Chavez réussit à faire approuver les modifications de notre Constitution nationale, le Venezuela basculera dans un régime comparable à celui qui a prévalu dans le pays d’Europe de l’Est avant l’écroulement du rideau de fer et du mur de Berlin. Une dictature néocommuniste s’installerait au Venezuela et ce serait le début de la période la plus sombre de l’histoire du pays.

En abusant des normes de révision de la charte Magne consacrées dans la Constitution en vigueur, le président Chavez cherche aussi à se pourvoir de la reconnaissance internationale nécessaire afin de légitimer son projet politique personnel, le «socialisme du XXIe siècle».

Le 20 novembre, le président Sarkozy a reçu Hugo Chavez au Palais de l’Élysée. La France a été traditionnellement un modèle et un symbole de démocratie et de liberté. Simon Bolivar prit la Révolution française comme exemple pour son geste libérateur. Le peuple français doit joindre sa voix à celle du peuple vénézuélien en exigeant des autorités du pays qu’elles maintiennent leur fidélité aux principes et aux valeurs démocratiques par-dessus de quelconques intérêts pragmatiques immédiats.

Le président Sarkozy doit savoir qu’en recevant Hugo Chavez comme son invité officiel, il lui a offert, de manière tacite, un appui dans son projet sinistre de devenir président à vie et d’instaurer au Venezuela un régime néocommuniste. Or on sait toutes les conséquences que ceci pourrait avoir sur la stabilité de l’hémisphère et du monde en général.

* Ancien ambassadeur du Venezuela en France.







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