Ingrid Betancourt a été libérée par l'armée colombienne après six ans de martyre

Por Venezuela Real - 3 de Julio, 2008, 20:11, Categoría: Prensa Internacional

Le Figaro - France
Juillet 03, 2008

 L'ex-otage franco-colombienne a « rendu grâce à Dieu et aux soldats de Colombie », quelques heures après avoir retrouvé la liberté.

C'EST UN calvaire de plus de six ans qui prend fin. Ingrid Betancourt a été libérée hier au cours d'une opération héliportée menée par l'armée colombienne. « Je veux d'abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie », s'est exclamée la Franco-Colombienne sur les ondes de la radio Caracol. Elle a jugé « absolument impeccable » l'opération menée par l'armée. Quatorze autres otages détenus avec elle par la rébellion des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), parmi lesquels trois Américains et onze soldats et policiers colombiens, ont également retrouvé la liberté grâce à cette opération, qui n'aurait fait aucune victime. Les quinze ex-otages ont été emmenés à San José del Guaviare pour monter à bord d'un avion qui les emmenait vers la base aérienne de Tolemaida, à 100 km au sud de Bogotá.

À Paris, la bonne nouvelle a été rapidement confirmée par l'Élysée. Le président Nicolas Sarkozy a indiqué lors d'une intervention télévisée que Betancourt était en bonne santé. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, devait s'envoler hier soir pour Bogota avec l'ensemble de la famille Betancourt.

« C'est une immense joie, une joie indescriptible. Je n'arrive pas à écrire » , s'est exclamé Lorenzo Delloye, le fils de l'ancienne candidate écologiste à la présidence colombienne. « J'attends d'avoir ma mère au téléphone. Je n'arrive pas à y croire » , a-t-il déclaré, affirmant attendre d'être « certain que c'est vrai » . « Le ministre de la Défense m'a parlé personnellement. Je l'ai eu au téléphone, il ne peut pas mentir quand même ! » , a réagi Astrid Betancourt, la soeur d'Ingrid, faisant part de son « immense bonheur » .

Un « dirigeant fort »

À Bogota, lors d'une conférence de presse improvisée, le ministre de la Défense colombien Juan Manuel Santos, a fait le compte rendu d'une opération audacieuse et rocambolesque. Selon son récit, les commandos du renseignement militaire, se faisant passer pour des membres d'une Organisation non gouvernementale (ONG) seraient parvenus à infiltrer les rangs d'un groupe des Farc, appartenant au cercle rapproché des guerilleros chargés de la surveillance des otages. Ils leur auraient fait croire que les prisonniers allaient être transférés par hélicoptère auprès d'Alfonso Cano, le nouveau chef des Farc. « Les hélicoptères, qui appartenaient en réalité à l'armée, ont embarqué les otages à Guaviare pour les conduire vers la liberté » , a résumé Santos. Finalement encerclés par l'armée, le chef du groupe et les autres guérilleros se seraient rendus sans combattre.

Pour le président Alvaro Uribe, qui prône depuis le début la manière forte avec la guérilla des Farc, c'est un succès diplomatique et politique sans précédent. L'ex-otage Luis Eladio Pérez, ancien compagnon de captivité d'Ingrid Betancourt, libéré en février 2008 et qui avait tenté de s'évader avec elle en 2005, a exprimé sur les ondes de CNN en espagnol son «  respect aux forces militaires et au président Alvaro Uribe » . Le président George W. Bush a appelé son homologue colombien pour le féliciter et saluer un « dirigeant fort » . Le pape Benoît XVI a fait part de sa joie à l'annonce de la « nouvelle très belle » . « C'est un signe d'espoir pour de nombreuses autres personnes, qui va dans le sens de la pacification d'un pays qui a tant souffert de la violence » , a-t-il déclaré par la voix du père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Vatican.

Ingrid Betancourt, âgée de 46 ans, et les trois mercenaires américains, étaient les monnaies d'échange les plus importantes pour des Farc en perte de vitesse, déjà affaiblies par l'assassinat par l'armée colombienne de leur numéro deux, Raul Reyes, début mars lors d'un raid en Équateur, puis par la mort de leur chef historique, Manuel « Tirofijo » Marulanda, également en mars.

Durant les mois et les années qui se succédées depuis la capture de Betancourt en février 2002, entre espoirs et désillusions, sa famille n'a cessé de mobiliser, pour qu'Ingrid ne sombre pas dans l'indifférence : sa mère Yolanda, ancienne députée, son ex-mari qui ne cesse de critiquer l'intransigeance d'Uribe, son mari Juan Carlos Lecomte et surtout ses enfants, Mélanie et Lorenzo. A la fin de l'année 2005, une proposition conjointe de l'Espagne, la France et la Suisse de créer une zone démilitarisée sous contrôle international dans le sud de la Colombie, et acceptée par le gouvernement colombien, relança l'espoir. Les Européens proposèrent même d'accueillir les guérilleros comme réfugiés politiques. Un espoir vite anéanti par le refus des Farc.

En 2007, tout s'accélère, à partir de mai avec les différentes preuves de vie et la reprise des tractations diplomatiques. Deux acteurs veulent jouer un rôle moteur, Nicolas Sarkozy, nouvellement élu président de la République française et qui a fait de la libération d'Ingrid une priorité, et Hugo Chavez, le président vénézuélien et interlocuteur privilégié des Farc, qui s'est emparé du dossier en septembre. Malgré l'arrêt brutal en novembre de sa médiation par Alvaro Uribe, Chavez obtient au début 2008 la libération de six otages colombiens détenus par les Farc, dans deux opérations unilatérales, dont l'ancienne directrice de campagne de Betancourt, Clara Rojas, ainsi que et la sénatrice Consuelo Gonzalez. C'est surtout la sortie d'une nouvelle vidéo, récupérée par l'armée colombienne avec des preuves de vie d'autres otages, en décembre 2007, qui a mis la France en émoi. On y découvrit une Ingrid Betancourt assise sur un banc, enchaînée, amaigrie avec des cheveux très longs, le visage émacié et le regard vide. Ces dernières semaines, plusieurs témoignages avaient encore ajouté à la tension, faisant état d'une récidive de son hépatite B, de sa très grande faiblesse, de son moral au plus bas. Mais depuis hier, Ingrid est enfin libre.






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