Ingrid Betancourt libérée par l'armée colombienne après six années de martyre

Por Venezuela Real - 3 de Julio, 2008, 20:16, Categoría: Prensa Internacional

Le Figaro - France
03 Juillet, 2008

L'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, 46 ans, ainsi que trois otages américains et onze militaires colombiens, ont été libérés hier lors d'une opération héliportée de l'armée colombienne, a annoncé à Bogota le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos. A Paris, l'Elysée a confirmé l'annonce. «C'est la plus belle nouvelle de ma vie », s'est exclamé Lorenzo Delloye-Betancourt, le fils de ex-candidate écologiste à la présidence colombienne. Betancourt était aux mains de la guérilla des Farc depuis plus de six ans.

EN 2002, Ingrid Betancourt avait renoncé à son poste de sénatrice pour se lancer dans la campagne présidentielle. Militante de gauche à la tête de son parti vert Oxygène, elle prône le dialogue avec la guérilla. Pour avoir rencontré les Farc à plusieurs reprises, elle se sent intouchable. Et ce 23 février 2002, elle n'hésite pas à s'aventurer sur une route dangereuse entre Florencia et San Vicente del Caguan, au mépris de toutes les recommandations.

La suite est connue. L'otage devenue un symbole sera resté plus de six ans en captivité. Son imprudence suscita bien des critiques dans son pays et un certain désintérêt pour son calvaire. La presse parle d'un « coup de pub » qu'elle a recherché en pleine campagne électorale. Quelques mois plus tard, le conservateur Alvaro Uribe, partisan de la manière forte, devient président de l'État colombien. Son combat contre les Farc, il en a fait une affaire personnelle depuis l'assassinat de son père par les guérilleros. Le long bras de fer qui s'en suit sera égrené au fil des ans de timides ouvertures et surtout de coups de force. La guérilla n'en démord pas : elle exige un échange, otages politiques contre guérilleros emprisonnés, la reconnaissance comme interlocuteur politique et surtout la mise en place d'une zone démilitarisée autour de Pradera et Florencia, principal point d'achoppement entre les deux camps. Les exigences des Farc sont inacceptables, juge Uribe qui assimile les guérilleros à des terroristes et des trafiquants de drogue. Et au fil des mois, le prix de Betancourtn'a cessé d'augmenter : elle est devenue une otage de « luxe ».

L'année 2003 sera marquée par deux fiascos : l'un orchestré par Bogota, qui tente une opération de sauvetage visant à libérer deux otages amis d'Uribe, un gouverneur et un ancien ministre de la Défense, qui seront abattus par leurs geôliers. Le deuxième revient à la France lorsque Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, proche d'Astrid Betancourt, déclenche une mission top secret en juillet qui vire au couac diplomatique avec Bogota et Brasilia.

200 comités de soutien

Durant ces longs mois d'attente, entre espoirs et désillusions, sa famille n'a cessé de mobiliser, pour qu'Ingrid ne sombre pas dans l'indifférence : sa mère Yolanda, ancienne députée, son ex-mari qui ne cesse de critiquer l'intransigeance d'Uribe, son mari Juan Carlos Lecomte et surtout ses enfants, Mélanie et Lorenzo. Le portrait d'Ingrid, devenue « une icône » fait la une, en Europe et Amérique du Sud. Chaque anniversaire ou petit pas diplomatique, donnent lieu à des mobilisations : marches de solidarité, concerts, lettres d'encouragement, lâchers de ballons... L'Europe compte près de 200 comités de solidarité. Devenue citoyenne d'honneur à Paris, un grand portrait d'elle est exposé en février 2005 sur l'Hôtel de ville. Son mari publie un livre Au nom d'Ingrid , où il raconte son combat. Et le 13 mai, il tient sa promesse : avec l'argent des droits d'auteur, il loue un petit avion pour survoler la région supposée où se trouve Ingrid et répand 6 000 portraits récents de Mélanie et Lorenzo. A la fin de l'année 2005, une proposition conjointe de l'Espagne, la France et la Suisse de créer une zone démilitarisée sous contrôle international dans le sud de la Colombie, et acceptée par le gouvernement colombien, relance l'espoir. Les Européens proposent même d'accueillir les guérilleros comme réfugiés politiques. Un espoir vite anéanti par le refus début janvier des Farc. Le reste de l'année sera tout aussi sombre. A l'époque, tous les médiateurs impliqués, Église, Chancellerie, hommes politiques colombiens... sont formels : l'idée d'un accord humanitaire est enterré depuis le deuxième mandat d'Uribe en mai 2006. S'ajoute à cela l'angoisse pour une famille, sans nouvelle depuis septembre 2002. Dans cette dernière vidéo, Ingrid était apparue, en veste kaki, calme et déterminée. «   Je vais bien, je suis vivante  » , annonçait-t-elle, en remerciant Paris d'être intervenue.

« Nous vivons comme des morts »

En 2007, tout s'accélère, à partir de mai avec les différentes preuves de vie et la reprise des tractations diplomatiques. Deux acteurs veulent jouer un rôle moteur, Nicolas Sarkozy, qui a fait de la libération d'Ingrid une priorité au lendemain de son investiture et Hugo Chavez, interlocuteur privilégié des Farc, qui s'est emparé du dossier en septembre. Malgré l'arrêt brutal en novembre de sa médiation par Alvaro Uribe, il obtient au début de l'année la libération de six otages dans deux opérations unilatérales, dont l'ancienne directrice de campagne, Clara Rojas et la sénatrice Consuelo Gonzalez. C'est surtout la sortie d'une nouvelle vidéo, récupérée par l'armée colombienne avec des preuves de vie d'autres otages, en décembre, qui a mis la France en émoi. On découvre une Ingrid assise sur un banc, enchaînée, amaigrie avec des cheveux très longs, le visage émacié et le regard vide. Quelques mois auparavant, en mai, un ancien compagnon d'infortune, John Pinchao Blanco, qui avait retrouvé la liberté après 17 jours d'errance dans la jungle, raconte l'avoir vue pour la dernière fois le 28 avril : «   Elle a dans le passé souffert d'une hépatite, mais elle est maintenant en bonne santé ; elle fait beaucoup d'exercice, écrit, écoute la radio. Elle a essayé de s'échapper cinq fois et a été durement punie pour ces tentatives ; Comme les autres détenus, elle dort dans un hamac avec une chaîne autour du cou qui la relie à un autre détenu » .

Puis survient cette lettre poignante, de douze pages, qu'elle écrit à sa mère, où elle décrit son calvaire. Elle est datée du 22 octobre. «   Ici, nous vivons comme des morts. La vie, ici, n'est pas la vie, c'est un lugubre gaspillage de temps. (...) L'incertitude et la précarité sont l'unique constante Ils m'ont tout pris. Chaque jour, il me reste moins de moi-même. Pendant longtemps, j'ai pensé que tant que je vivrais, je devrais essayer de garder espoir. Je n'ai plus les mêmes forces, je vais mal physiquement, je ne mange plus, j'ai l'appétit bloqué, je perds mes cheveux par poignées entières   » . Ingrid parle aussi de la Bible, son « unique luxe », de ce dictionnaire encyclopédique qu'elle réclame depuis trois ans. «  J e n'ai envie de rien, car ici l'unique réponse est »non*, écrit-elle encore.

Son petit bonheur, comme pour ses camarades, viennent de ces messages d'encouragement des proches qui leur parviennent à cinq heures du matin, au milieu de la jungle, à travers les ondes radio de la Caracol et Antena 2. Mais ces dernières semaines, plusieurs témoignages avaient encore ajouté à la tension, faisant état d'une récidive de son hépatite B, de sa très grande faiblesse, de son moral au plus bas. française








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