Le succès militaire colombien couronne la politique de fermeté d'Alvaro Uribe

Por Venezuela Real - 3 de Julio, 2008, 20:10, Categoría: Prensa Internacional

Le Monde - France
03 Juillet, 2008

Avec la libération de 15 otages des FARC, dont Ingrid Betancourt, le président colombien fait taire les critiques sur son intransigeance vis-à-vis de la guérilla Alvaro Uribe vient de remporter une éclatante victoire. Ce président à poigne qui, depuis six ans, livre une guerre sans merci aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche) a obtenu le plus prisé des trophées : Ingrid Betancourt, libérée par l'armée sans verser une goutte de sang. De son ton froid et sans sourire, le chef de l'Etat colombien a célébré ce succès au cours d'une brève allocution télévisée, mercredi soir 2 juillet.

Alvaro Uribe a gagné contre les familles des otages et contre les comités de soutien à Ingrid Betancourt, qui le suppliaient de céder aux exigences des FARC pour négocier la libération des prisonniers. Il a donné raison à son armée, qui voyait dans le principe même de pourparlers avec la guérilla un renoncement. Les familles des séquestrés avaient toujours dénoncé les risques que ferait courir aux otages une opération militaire, les guérilleros ayant ordre d'exécuter leurs " prisonniers " en cas d'intervention de l'armée. Et les FARC ont mis leur menace à exécution. Vingt et un otages ont ainsi été assassinés : 10 en avril 2003, au cours d'une intervention mal planifiée de l'armée ; et 11 autres, tués en juin 2007, sans que l'armée y soit pour quelque chose. C'est l'affrontement involontaire entre deux bataillons de la guérilla qui a conduit à une bavure meurtrière.

Les familles des otages - les proches d'Ingrid Betancourt en tête - n'ont jamais ménagé leurs critiques contre ce chef de l'Etat plus soucieux de triomphes militaires que d'accords humanitaires. " Je vous hais ! ", lui avait lancé Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt. Le désespoir l'avait même conduite à déclarer, récemment, qu'elle faisait " plus confiance aux FARC qu'au président de la République ". Alvaro Uribe triomphe également contre tous les intermédiaires qui se sont essayés à la médiation avec les FARC, et notamment la France qui, depuis six ans, n'a pas ménagé ses efforts - et probablement ses promesses - pour parvenir à la libération d'Ingrid Betancourt et n'a jamais rien obtenu de ces guérilleros intransigeants.

Arrivé tardivement dans le jeu, le président vénézuélien Hugo Chavez a, lui, obtenu, au début de l'année, la libération de six otages, leur infinie reconnaissance et quelques lauriers diplomatiques. Mais M. Uribe a, cette fois, pris sa revanche contre son bouillant voisin.

A en croire les sondages, l'opinion publique a toujours été acquise à la ligne dure du chef de l'Etat. Alvaro Uribe, qui a fait de la sécurité et de la lutte antiterroriste un programme de gouvernement, a gagné ses galons et ses 84 % de popularité à la guerre. La pacification du pays est loin d'être totale, mais elle garantit à l'actuel président le soutien de ses électeurs, convaincus que la guérilla n'a jamais eu la moindre intention de négocier quoi que ce soit. " Les FARC sont les premières responsables de la réélection, en 2004, d'Alvaro Uribe et de sa popularité ", explique le sénateur Gustavo Petro. Toute l'opposition colombienne, de la gauche aux libéraux, s'en désole. Sur la scène internationale, le drame des otages contribuait à ternir l'image de ce président si apprécié par ses compatriotes. La spectaculaire libération d'Ingrid Betancourt ne peut que lui apporter un ballon d'oxygène. Mais fera-t-il oublier les scandales qui éclaboussent le gouvernement, à commencer par celui de la " parapolitique " qui a conduit sous les verrous une trentaine de parlementaires de la majorité présidentielle, soupçonnés de liens passés avec les milices d'extrême droite ?

Des dizaines de personnes sont encore aux mains de la guérilla dans la jungle. A la tête d'une association de familles d'otages, Marleny Orejuela considère que " si Alvaro Uribe avait accepté de négocier un accord humanitaire, tous les otages auraient peut-être été libérés ". Elle ne peut retenir un soupir de découragement : " Maintenant qu'Ingrid Betancourt a été libérée, qui, dans le monde, va se soucier des autres ? "





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